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Thrips : reconnaître la petite bête des feuilles argentées, et ce qu’on a le droit d’y faire

Une feuille terne puis argentée, semée de points noirs : c'est le dégât typique du thrips, un insecte de 2 mm au plus aux ailes frangées. Dehors il profite du chaud et du sec ; en serre et dans la maison, certaines espèces sont là toute l'année.

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Une feuille devenue terne, puis argentée, piquée de points noirs, et dessous de petites bêtes allongées qui bougent à peine. J’ai repris ce qu’en écrivent l’INRAE, Jardiner Autrement, la RHS britannique, les universités de Californie et du Colorado, un bulletin de santé du végétal des Hauts-de-France et le catalogue e-phy des produits autorisés.

Les organismes français écrivent surtout pour les serres de production. Pour le jardin et le salon, les fiches détaillées sont britanniques et californiennes.

L’essentiel

  • Un thrips mesure 2 mm au plus : corps allongé, ailes frangées de soies ; la larve n’a pas d’ailes et se déplace très lentement.
  • Le signe le plus parlant est sur la feuille : terne, puis argentée sur le dessus, semée de minuscules points noirs, ses excréments.
  • Dehors, il profite du chaud et du sec : surtout actif d’avril à septembre au Royaume-Uni ; en serre et dans la maison, certaines espèces sont là toute l’année.
  • Cinq produits sont autorisés à un particulier contre les thrips au catalogue e-phy du 15/09/2026. En intérieur et balcons, deux seulement, à l’huile de colza ; aucun savon.
  • Les auxiliaires vendus sont une affaire de serre : la RHS les dit disponibles pour la serre, UC IPM juge les lâchers peu susceptibles, dans la plupart des cas, de réussir au jardin.

Sommaire

  1. Est-ce bien un thrips ?
  2. Les espèces du jardin, du potager et de la maison
  3. Les dégâts : feuilles argentées, points noirs, fleurs abîmées
  4. Le cycle et le calendrier, selon l’espèce et le lieu
  5. Les plantes touchées, dehors et dedans
  6. Les auxiliaires, et leur statut réel en France
  7. Les produits autorisés à un particulier
  8. Sans produit : les gestes qui ont une source
  9. Prévenir : à l’achat, en serre, autour du potager
  10. Remèdes de grand-mère et idées reçues
  11. Questions fréquentes
Homme aux cheveux châtain clair mi-longs, en chemise de lin vert d'eau, debout le long d'une haie de troène en fin de journée d'été, qui examine de près une petite feuille tenue entre ses doigts.
Dehors, le thrips profite du chaud et du sec, et le premier indice est souvent la feuille, avant la bête.

Est-ce bien un thrips ?

Le thrips appartient à l’ordre des Thysanoptères. À la loupe, il se reconnaît à ces critères :

  • taille : 1 à 2 mm pour Jardiner Autrement, jusqu’à 2 mm pour la RHS, 1 à 1,5 mm pour Colorado State ;
  • moins de 1/20 de pouce pour UC IPM, soit 1,27 mm (conversion faite ici) ;
  • ailes : deux paires, étroites, frangées de longs poils, d’aspect plumeux ;
  • adulte brun jaunâtre à brun noirâtre ; les stades jeunes, sans ailes, sont en général jaune crème et plus pâles ;
  • larve allongée, jaune, rouge, brune ou noire, qui se déplace très lentement ;
  • où : dans les pétales des fleurs, et surtout au revers des feuilles sur les plantes d’intérieur.
Petit insecte allongé et fin, brun jaunâtre, aux ailes repliées sur le dos et aux antennes dressées, posé sur un pétale blanc sous les étamines jaunes d'une fleur.
Thrips californien adulte, sur une fleur : brun jaunâtre, ailes étroites frangées de longs poils, 2 mm au plus. Photo : Jesse Rorabaugh, CC0 (Wikimedia Commons), recadrée.
Deux larves pâles, blanc crème et sans ailes, au corps allongé marqué d'orange à l'intérieur, sur la peau jaune d'un citron.
Larves du thrips des serres, Heliothrips haemorrhoidalis : sans ailes, allongées, plus pâles que l’adulte. Photo : Petr Kosina, CC BY 4.0 (Wikimedia Commons), recadrée.

La couleur ne dit pas l’espèce. Seul un examen au microscope y arrive : c’est vrai du thrips du tabac comme du thrips californien.

Le voir pour de bon

Le dégât se voit souvent avant la bête. Trois gestes pour la trouver :

  • secoue le feuillage au-dessus d’une feuille de papier blanc, puis regarde à la loupe ;
  • écarte les pétales : les thrips ont tendance à s’y cacher ;
  • pose un piège englué bleu pour repérer les premiers adultes.
Femme aux cheveux blond platine coupés au carré, en pull à col roulé lavande, assise à une table près d'une fenêtre, qui observe à la loupe une feuille d'un ficus en pot, une feuille de papier blanc posée devant elle.
Une feuille de papier blanc et une loupe : de quoi savoir si c’est un thrips, pas encore lequel.

J’ai déjà secoué une plante abîmée sans rien voir tomber. Ce n’est pas une preuve d’absence : quand le dégât apparaît, après l’ouverture des boutons par exemple, le thrips est parfois déjà parti.

Ce qu’on prend pour un thrips

Des punaises et des acariens piquent aussi le feuillage en points, et certaines punaises laissent des taches noires. Le tétranyque, lui, marbre finement le dessus de la feuille et tisse parfois une fine toile. Les petites mouches qui montent du pot à l’arrosage sont un autre sujet, celui des moucherons des plantes : aucune source lue ici ne compare les deux. Enfin, certains thrips sont des prédateurs, donc des alliés.

Sans loupe, tu fais une hypothèse ; avec une loupe et une feuille blanche, tu sais si c’est un thrips, pas encore lequel.

Les espèces du jardin, du potager et de la maison

Les sources lues nomment plus d’une douzaine d’espèces. Voici celles qu’un particulier peut croiser, avec le lieu où chacune est décrite (plusieurs noms français traduisent l’anglais de la RHS) :

Huit thrips et leurs plantes

Espèce Plantes et période Source et lieu
Thrips du tabac ou de l’oignon, Thrips tabaci Oignon et poireau marbrés de blanc ; aussi dahlia, cyclamen, tomate, concombre RHS, Royaume-Uni ; BSV, oignons des Hauts-de-France
Thrips californien, Frankliniella occidentalis Concombre, poivron, melon, chrysanthème, rosier sous serre ; nombreuses plantes de serre INRAE, serres de production ; RHS, présent au Royaume-Uni depuis 1986
Thrips des palmiers, Parthenothrips dracaenae Toute l’année, surtout sur plantes à feuilles plutôt coriaces RHS, serre et maison
Thrips des serres, Heliothrips haemorrhoidalis Serres chauffées toute l’année ; peut survivre dehors toute l’année, surtout sur laurier-tin ; abdomen à pointe orangée RHS, serre et jardin
Thrips du glaïeul, Thrips simplex Glaïeul de juillet à septembre, aussi freesia RHS ; Jardiner Autrement
Thrips du pois, Kakothrips pisivorus Petits pois de juin à août RHS, potager
Thrips du troène, Dendrothrips ornatus Troène et lilas de mai à octobre RHS, jardin
Thrips du chèvrefeuille, Thrips flavus Beaucoup de plantes, surtout le chèvrefeuille RHS, jardin
Massif de glaïeuls en fleurs violets, roses, rouges, jaune pâle et blancs, aux longues feuilles en lame, au bord d'une pelouse ombragée en plein été.
Le glaïeul a son propre thrips, Thrips simplex, que la RHS situe de juillet à septembre au Royaume-Uni.
Fleur blanche vue de très près, avec plusieurs petits insectes bruns et allongés sur les pétales et autour des étamines gris-vert.
Thrips du tabac ou de l’oignon, Thrips tabaci, dans une fleur ; sur l’oignon et le poireau, il marbre les feuilles de blanc. Photo : Metin GÜLEŞCİ, CC BY 4.0 (Wikimedia Commons), recadrée.
Deux insectes allongés brun noirâtre, l'arrière du corps orangé et pointu, posés sur la peau jaune d'un citron semée de points sombres.
Thrips des serres adultes, Heliothrips haemorrhoidalis : brun noirâtre, abdomen à pointe orangée. Photo : Petr Kosina, CC BY 4.0 (Wikimedia Commons), recadrée.

« Thrips noir » n’est le nom d’aucune espèce dans ces sources. Ce qu’on voit noir, ce sont des adultes sombres : brun noirâtre chez le thrips des serres et chez le thrips des palmiers, qui a les ailes rayées de brun et de blanc, brun-noir chez le thrips du troène.

Retiens le lieu avant le nom : serre, maison et plein air ne réunissent pas les mêmes espèces.

Les dégâts : feuilles argentées, points noirs, fleurs abîmées

Le thrips pique les cellules végétales et vide leur contenu. Ce sont ces cellules vides qui prennent la teinte grise ou argentée. Les signes à chercher :

  • feuille d’un vert terne, puis décolorée en blanc argenté sur sa face supérieure ;
  • minuscules points noirs sur les zones pâles, comme de petites gouttes de vernis sombre ;
  • sur glaïeul, fines stries grises entre les nervures, argentées avec le temps, pousses et fleurs déformées puis nécrosées ;
  • boutons floraux qui ne s’ouvrent pas lors des fortes attaques ;
  • sur tomate en serre, lésions argentées qui se nécrosent, chute de fleurs, fruits aux traces liégeuses.
Feuille de poireau bleu-vert vue de près, striée de plages blanc argenté où se groupent de minuscules points noirs.
Dégâts de thrips sur une feuille de poireau : plages décolorées en blanc argenté, minuscules points noirs sur les zones pâles. Photo : Jochen Kreiselmaier, CC BY-SA 3.0 DE (Wikimedia Commons), recadrée.

Une feuille qui a perdu sa couleur verte ne la retrouve pas, même quand l’insecte est parti : la RHS l’écrit pour les plantes d’intérieur. En Californie, les thrips tuent rarement un arbre ou un arbuste ; plantes herbacées d’ornement et certains légumes sont plus exposés, surtout jeunes.

Les virus

Les thrips transmettent plusieurs virus redoutables, en particulier le Tomato spotted wilt virus, rappelle l’INRAE pour la tomate. Aux États-Unis, le thrips californien transmet aussi l’Impatiens necrotic spot virus, et le thrips de l’oignon l’iris yellow spot virus. Là-bas, la fiche californienne note qu’un insecticide ne tue en général pas assez vite pour empêcher la transmission.

Sur une feuille déjà argentée, il n’y a rien à rattraper : l’enjeu, c’est la feuille d’après.

Le cycle et le calendrier, selon l’espèce et le lieu

Six stades se succèdent : œuf, deux stades larvaires, deux stades de pronymphe, puis l’adulte. Les deux stades avant l’adulte ne se nourrissent pas. Les œufs sont déposés surtout sur les feuilles chez la tomate, dans les tissus de la plante pour les deux espèces que décrit Colorado State.

Ce que chaque source donne

Source et lieu Espèce Durée du cycle, générations
INRAE, serre de production F. occidentalis 34 jours à 15 °C, 13 jours à 30 °C
RHS, Royaume-Uni Thrips en général 24 à 35 jours en conditions idéales ; au jardin, en général deux ou trois générations par an, parfois plus lors des étés chauds
UC IPM, Californie Thrips en général Jusqu’à huit générations environ par an ; parfois deux semaines seulement de l’œuf à l’adulte par temps chaud
BSV Légumes Hauts-de-France, 13/07/2023 T. tabaci Reproduction idéale à 23 °C et au sec

Où se passe la nymphose ? Les sources ne disent pas la même chose :

  • au sol, où la larve se laisse tomber, sur tomate en serre ;
  • dans le sol ou à l’abri sur la plante, pour la RHS ;
  • à découvert sous les feuilles, pour le thrips des serres selon UC IPM.

L’hiver, larves et adultes se réfugient dans les débris végétaux, parfois jusqu’à 8 cm sous terre, en culture de tomate. Quand il fait froid, les larves quittent les parties aériennes pour le sol. Ce que tu trouves en bêchant, vers blancs ou tipules, relève des larves du sol.

Dehors, les thrips se développent par temps chaud et sec. Au Royaume-Uni, ils sont surtout actifs d’avril à septembre, un calendrier britannique. Le bulletin des Hauts-de-France du 13/07/2023 prévenait qu’avec les moissons, les thrips des céréales devraient gagner oignons, poireaux et choux.

Aucune durée unique ne vaut pour ton jardin : la chaleur accélère tout, et à l’abri certaines espèces ne s’arrêtent pas l’hiver.

Les plantes touchées, dehors et dedans

Chaque liste vaut pour son lieu :

  • maison : ficus, dracaena, agrumes, monstera, schefflera et palmiers, pour le thrips des palmiers, d’après la RHS britannique ;
  • maison, tous piqueurs-suceurs confondus : surtout agrumes, orchidées, plantes grasses et cactus ;
  • fleurs de serre et d’intérieur : violette africaine, fuchsia, pélargonium, cyclamen, impatiens, pour le thrips californien ;
  • jardin : glaïeul, freesia, chèvrefeuille, troène, lilas, laurier-tin, dahlia, chrysanthème ;
  • potager : oignon, poireau, pois, tomate, concombre ; dans les cultures légumières du Colorado, aussi haricot, poivron, pomme de terre, ail, chou ;
  • rosiers : en Californie, le thrips californien abîme plus souvent les roses parfumées, claires ou blanches.
Homme âgé en chapeau de paille et chemisette bleu ciel, accroupi au bout d'un rang d'oignons dans un potager en plein été, à côté d'un rang de poireaux, qui regarde le feuillage.
Oignon, poireau, pois, tomate, concombre : au potager aussi les sources nomment leurs plantes, et chaque liste vaut pour son lieu.

Pilea, pothos, hoya, olivier, basilic : on les tape avec « thrips », mais aucune des sources lues ne les nomme.

Dans la maison, la plante à regarder en premier est celle qui vient d’arriver.

Les auxiliaires, et leur statut réel en France

Il y a ceux qui viennent seuls, et ceux qu’on achète. Pour ces derniers, le statut se lit sur deux listes : les arrêtés d’introduction recensés par Ecophyto PRO et les avis de l’Anses. Un avis n’est pas un arrêté, et tous deux visent la souche d’un fournisseur, pas l’espèce.

Les prédateurs de thrips et leur statut

Auxiliaire Proie et lieu Statut en France
Punaise Orius laevigatus Thrips ; peut venir seule au jardin, vendue pour la serre (Royaume-Uni) Avis de l’Anses lu
Acarien Neoseiulus cucumeris Surtout des thrips, en particulier les thrips des fleurs ; le pollen peut tenir une place importante dans son régime (Colorado) Avis de l’Anses lu
Acarien Amblyseius swirskii Jeunes larves de thrips ; actif de 15 à 40 °C, pas sur tomate, selon la fiche SERAIL (serre maraîchère) Non établi dans les sources lues
Acarien du sol Stratiolaelaps scimitus Nymphes de thrips dans le terreau Arrêté lu
Staphylin Dalotia coriaria Larves et nymphes de thrips du substrat, en serre Non établi dans les sources lues
Nématodes Steinernema feltiae et S. carpocapsae Vendus contre les thrips ; peuvent infecter d’autres animaux, occasion minime en intérieur (Royaume-Uni) Avis de l’Anses lu
Thrips prédateurs Aeolothrips Présents dans des oignons des Hauts-de-France ; aident contre les thrips en Californie Avis de l’Anses lu pour A. intermedius
Petite punaise noire et luisante aux ailes translucides et aux gros yeux brun rouge, la tête plongée dans une fleur blanche aux étamines jaunes.
Punaise Orius laevigatus : elle mange des thrips et, au Royaume-Uni, peut venir seule au jardin. Photo : Dohtoruk, CC BY 4.0 (Wikimedia Commons), recadrée.
Thrips noir barré de larges bandes blanches en travers du dos, aux pattes et aux antennes sombres, posé sur un pétale jaune.
Thrips prédateur du genre Aeolothrips : certains thrips sont des prédateurs, donc des alliés. Photo : xpda, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons), recadrée.

La chrysope, dont seule la larve mange des thrips, et certaines punaises prédatrices sont aussi des alliés : elles sont présentées avec les auxiliaires des pucerons. Stratiolaelaps et Dalotia, chasseurs du terreau, reviennent dans la page sur les moucherons.

Faut-il en acheter ? La RHS les présente comme disponibles pour la serre. UC IPM, pour les jardins californiens, écrit que la recherche sur ces lâchers est mince, et que des auxiliaires achetés ont peu de chances, dans la plupart des cas, de donner un contrôle satisfaisant. Aucune source lue ne donne de dose pour un particulier.

Au jardin, l’allié à protéger est celui qui vient seul ; l’achat se discute pour une serre, pas pour un massif.

Les produits autorisés à un particulier

Au catalogue e-phy de l’Anses du 15/09/2026, gamme amateur, cinq produits portent un usage contre les thrips, en 31 lignes, toutes en traitement des parties aériennes :

Les cinq produits, par substance

Substance Cultures autorisées contre les thrips Intérieur et balcons
Huile de colza (2 produits) Florales et plantes vertes, rosier, plantes d’intérieur et balcons Oui, les deux seuls
Huile essentielle d’orange (1) Florales, rosier, arbres et arbustes, vigne, tomate et aubergine, poivron, cucurbitacées, choux, fraisier, oignon, poireau, agrumes Non
Spinosad (1) Poivron, tomate et aubergine, laitue, cucurbitacées, choux, haricots et pois, fraisier, florales Non
Pyrèthres et abamectine (1) Florales et plantes vertes, rosier Non

Trois points que le tableau ne montre pas :

  • aucun savon, sels de potassium d’acides gras, n’a d’usage thrips en gamme amateur ;
  • le seul produit amateur à l’azadirachtine (neem), associée aux pyréthrines, vise acariens, aleurodes et pucerons, pas les thrips ;
  • un produit n’est permis que sur la culture et le ravageur de son autorisation : « En France, tout produit non autorisé pour une culture donnée est interdit », rappelle Jardins de France.

Quatre des cinq produits ont un usage sur rosier ; sa taille a sa propre page.

Le cadre : la loi Labbé

Depuis le 1er janvier 2019, la vente, l’usage et la détention des produits phytosanitaires de synthèse sont interdits aux jardiniers amateurs. Restent permis le biocontrôle, les produits utilisables en agriculture biologique portant la mention EAJ, et ceux à faible risque. Depuis le 1er juillet 2022, la loi vaut aussi pour les propriétés privées, avec les mêmes exceptions, précise service-public.gouv.fr.

Sur l’efficacité, UC IPM juge que les dégâts de thrips ne justifient en général pas d’insecticide dans les jardins californiens. Huiles, savons et pyréthrines peuvent y donner un contrôle temporaire, surtout contre le thrips des serres ; le spinosad peut être plus efficace, mais il peut être toxique pour certains auxiliaires et pour les abeilles.

Pour une plante d’intérieur, le choix légal se réduit à l’huile de colza : les autres substances n’ont aucun usage en intérieur et balcons.

Sans produit : les gestes qui ont une source

Le piège englué bleu : deux camps

  • Jardiner Autrement : spécifique des thrips, il préserve les auxiliaires utiles et sert à repérer les premiers insectes ;
  • RHS : en serre, il piège les thrips et aide à en réduire le nombre, mais risque encore de prendre d’autres organismes, dont des guêpes parasitoïdes lâchées comme auxiliaires ;
  • même organisme : déconseillé dehors, où il capture beaucoup d’autres invertébrés ; dans la maison, il prend moins d’autres insectes ;
  • UC IPM : bleu ou jaune vif, pour détecter les thrips qui volent.
Piège englué bleu vif, vierge, suspendu à un fil vert entre des plants de tomates aux fruits encore verts, dans une serre de jardin.
Le piège englué bleu repère les premiers adultes ; dehors, la RHS le déconseille, parce qu’il capture beaucoup d’autres invertébrés.

Dans la maison, le piège ne pose guère de question. Dans un massif, les deux premiers organismes s’opposent : c’est à toi de peser.

Les autres gestes

  • isole la plante atteinte de tes autres plantes d’intérieur, pour limiter la propagation ;
  • sur quelques plantes isolées, coupe et détruis les pousses abîmées ou infestées ;
  • évite la taille aux cisailles des haies et des formes : elle relance une pousse neuve sensible aux thrips ;
  • arrose assez et évite l’excès d’engrais azoté, qui peut favoriser les populations ;
  • sur de petites plantes, empêcher l’infestation, par exemple sous un voile anti-insectes, est pour UC IPM le moyen le plus efficace d’éviter les virus ;
  • retirer les fleurs fanées : bénéfice général inconnu, et elles abritent aussi des prédateurs de thrips.

Ôter les thrips à la main est difficile : ils bougent trop. Dehors, malgré une marbrure argentée étendue, les arbustes établis survivent en général au thrips des serres, au Royaume-Uni.

Rien de spectaculaire ici : ce sont des gestes de patience, et aucun n’est un remède.

Prévenir : à l’achat, en serre, autour du potager

Les insectes arrivent souvent dans la maison ou la serre avec une plante neuve, d’où ces gestes :

  • à l’achat d’une plante d’intérieur, regarde les fleurs de près et laisse celles qui montrent des thrips ou des mouchetures claires ;
  • mets les plantes neuves en quarantaine quand c’est possible ;
  • nettoie la serre en hiver, pour réduire les populations qui hivernent ;
  • en serre de production, sur tomate, les méthodes préconisées en France comptent la destruction des débris végétaux et la pose de toiles insect-proof aux ouvertures ;
  • en Californie, les thrips polyphages gagnent souvent les jardins quand friches et prairies sèchent : évite de planter des espèces sensibles à côté.
Pélargonium aux fleurs rouges et aux feuilles vertes dans un pot de terre cuite, posé seul sur une console en bois, loin des autres plantes vertes regroupées près d'une fenêtre au fond de la pièce.
Les insectes arrivent souvent avec une plante neuve : regarde ses fleurs de près à l’achat, et garde-la à l’écart quand c’est possible.

Le coup d’œil sur les fleurs avant de passer en caisse reste la prévention la moins chère.

Remèdes de grand-mère et idées reçues

Les recettes qu’on cherche le plus, passées aux organismes lus :

  • savon noir : aucun savon autorisé contre les thrips pour un particulier ; Jardins de France ne cite qu’un essai, au Nigeria, sur une autre espèce ;
  • huile de neem : aucun produit amateur au neem n’a d’usage thrips en France ; UC IPM la range parmi les insecticides de contact qui peuvent agir sur les thrips à découvert ;
  • ail, piment, menthe : peu d’informations sur leur efficacité comme répulsifs, et rien de propre aux thrips ;
  • vinaigre, bicarbonate, alcool à brûler : aucun organisme lu ne le documente ; l’alcool à 70 % de la fiche californienne sert à prélever les thrips, pas à traiter ;
  • douche, jet d’eau, changement de terreau : aucun organisme lu ne le documente contre le thrips ;
  • « ils viennent du terreau » : aucune source ne le dit ; elles citent les plantes achetées, le vent, la nymphose au sol ;
  • « les thrips piquent » : les plantes, oui ; pour les gens, Kirk (Keele University, 2004) décrit Limothrips cerealium, thrips des céréales qui migre par temps chaud et démange en se posant sur la peau ; la RHS surnomme les thrips « thunder flies » ; aucun organisme français lu ne documente cette « bête d’orage ».

Le savon et la terre de diatomée sont discutés plus longuement avec les pucerons.

Aucune recette de cuisine ne passe l’épreuve des sources : pour agir, reviens aux gestes plus haut.

Questions fréquentes

Comment reconnaître un thrips ?

À la loupe : un insecte allongé de 2 mm au plus, aux ailes étroites frangées de longs poils, brun jaunâtre à brun noirâtre une fois adulte ; la larve est sans ailes et lente. Le premier indice est souvent la feuille, terne puis argentée sur le dessus, semée de points noirs. Secoue le feuillage au-dessus d’un papier blanc pour voir tomber les insectes.

Comment se débarrasser des thrips sur une plante d’intérieur ?

Isole la plante, coupe les parties abîmées et surveille avec un piège bleu, qui prend moins d’autres insectes dans la maison que dehors. Côté produits, le catalogue e-phy du 15/09/2026 n’autorise en intérieur et balcons que deux produits à l’huile de colza, et aucun savon. Les feuilles déjà argentées, écrit la RHS, ne reverdiront pas.

Existe-t-il un traitement naturel contre les thrips ?

Depuis la loi Labbé, un particulier n’a accès qu’au biocontrôle, aux produits de l’agriculture biologique portant la mention EAJ et aux produits à faible risque. Contre les thrips, le catalogue e-phy du 15/09/2026 compte cinq produits, sur quatre substances ou associations : huile de colza, deux produits, seule permise en intérieur et balcons, huile essentielle d’orange, spinosad, pyrèthres avec abamectine, chacun sur ses cultures. Aucun remède maison n’est documenté par les organismes lus.

Que sont les thrips noirs sur mes plantes ?

« Thrips noir » n’est le nom d’aucune espèce dans les sources lues : c’est la couleur de certains adultes. Au Royaume-Uni, le thrips des serres, le thrips des palmiers, aux ailes rayées de brun et de blanc, et le thrips du troène sont décrits brun noirâtre. La couleur ne suffit pas pour autant : seul un examen au microscope donne l’espèce.

À quoi ressemble une larve de thrips ?

Elle n’a pas d’ailes, son corps est allongé, et elle se déplace très lentement. Les sources la décrivent jaune, rouge, brune ou noire, ou en général jaune crème et plus pâle que l’adulte. Après deux stades qui se nourrissent viennent deux stades qui ne mangent pas, dans le sol ou à l’abri sur la plante.

Mon monstera ou mon ficus a des thrips : lesquels ?

Pour la RHS britannique, le thrips des palmiers, Parthenothrips dracaenae, vit toute l’année sur des plantes de serre et d’intérieur, surtout à feuilles plutôt coriaces : ficus, dracaena, agrumes, monstera, schefflera, palmiers. L’adulte est brun noirâtre, aux ailes rayées de brun et de blanc. Cherche au revers des feuilles, et isole la plante de tes autres plantes d’intérieur.

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