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Pucerons et cochenilles : les reconnaître, laisser faire les auxiliaires, traiter en dernier

Des pucerons sur le rosier, un duvet blanc sur l'orchidée, des carapaces sur l'olivier : trois bêtes différentes, trois réponses. Dehors, leurs ennemis naturels font souvent le travail ; en intérieur, la cochenille farineuse se retire d'abord à la main.

18 min de lecture Nuisibles

J’ai repris ce qu’en écrivent l’INRAE, la RHS, l’université de Californie, la Société nationale d’horticulture de France et le catalogue officiel des produits autorisés. J’en retiens un ordre : identifier, laisser travailler les auxiliaires, retirer à la main, traiter en dernier.

L’essentiel

  • Sur un fruitier, le puceron est souvent moins grave qu’il n’y paraît : l’aspect peut souffrir, la vigueur et la récolte beaucoup moins, dans bien des cas.
  • Ses prédateurs éliminent souvent les colonies vers le milieu de l’été, mais au printemps les pucerons prennent souvent de l’avance.
  • La cochenille farineuse des serres est une bête d’intérieur : rarement trouvée dehors, active toute l’année en maison et en serre.
  • Le premier geste est mécanique : jet d’eau, doigts, taille des rameaux colonisés.
  • Des coccinelles adultes achetées ont tendance à partir : l’INRA cité par le MNHN, Colorado State et UConn insistent sur leur dispersion.
  • 17 produits portent la mention EAJ contre pucerons ou cochenilles au catalogue e-phy du 15 septembre 2026 ; contre les cochenilles, le savon n’y est autorisé que sur plantes d’intérieur et balcons.

Sommaire

  1. Puceron, cochenille ou autre chose : qui est sur ta plante ?
  2. Les pucerons : un cycle éclair, des dégâts souvent limités
  3. La cochenille farineuse, un problème d’intérieur et de véranda
  4. Cochenilles à bouclier et à carapace : olivier, laurier, agrumes
  5. Coccinelles, chrysopes, syrphes : ceux qui font le travail
  6. Larves et coccinelles achetées : ce qu’elles valent
  7. Le premier geste : l’eau, les doigts, le sécateur
  8. Traitement : ce qu’un particulier a le droit d’employer
  9. Savon noir maison, vinaigre, marc de café : les recettes de grand-mère
  10. Questions fréquentes
Homme à lunettes en t-shirt vert olive, penché sur un rosier en fleurs devant une haie taillée, qui tient le bout d'une tige entre ses doigts pour la regarder de près.
Une pousse de rosier regardée de près : avant de chercher un traitement, la première question est de savoir quelle bête est sur la plante.

Puceron, cochenille ou autre chose : qui est sur ta plante ?

Tout ce qui est petit, blanc et collant n’est pas une cochenille farineuse. On la confond avec d’autres bêtes cireuses à miellat.

Les suspects habituels

Bête Ce qu’on voit Source
Puceron 1 à 7 mm, vert, noir, jaune, rose, blanc ou marbré, en colonies RHS, INRAE
Puceron lanigère Duvet cireux blanc pris pour un champignon, sur pommier RHS
Cochenille farineuse Jusqu’à 4 mm, ovale, poudrée de cire blanche, aux aisselles des feuilles RHS
Cochenille à bouclier Très petite, plate, bouclier qui se soulève UC IPM
Cochenille à carapace Plus grosse, bombée, collée, beaucoup de miellat UC IPM
Larve de Cryptolaemus Grosse « cochenille » couverte de cire, au milieu des colonies RHS, UC IPM

L’aleurode, autre confusion possible, s’envole en nuage dès qu’on remue la plante (RHS) ; elle est décrite avec les moucherons des plantes.

  • la petite bête blanche et cotonneuse d’une plante d’intérieur correspond à la description de la cochenille farineuse ;
  • aucune source lue ne parle d’un danger pour les personnes : toutes la traitent en ravageur de plantes ;
  • vers blancs et larves du sol relèvent d’une autre page de la rubrique Nuisibles.
Jeunes pousses de rosier aux feuilles rouges, dont les tiges sont couvertes de dizaines de pucerons verts serrés les uns contre les autres.
Puceron du rosier : il vit en colonies serrées sur les jeunes pousses ; selon l’espèce, un puceron peut être vert, noir, jaune, rose, blanc ou marbré. Photo : Lucis, domaine public (Wikimedia Commons), recadrée.
Rameau de pommier dont l'écorce disparaît sous un épais duvet blanc et cotonneux, parsemé de petits pucerons bruns.
Puceron lanigère : un duvet cireux blanc sur le bois du pommier, qu’on prend pour un champignon. Photo : Sanjay Acharya, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons), recadrée.
Deux cochenilles blanches, ovales et poudrées de cire, posées sur une feuille verte à côté de gouttes luisantes de miellat.
Cochenille farineuse : jusqu’à 4 mm, ovale, poudrée de cire blanche ; à chercher aussi aux aisselles des feuilles. Photo : Sinikka Halme, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons), recadrée.
Feuille étroite suspendue à un rameau, couverte de dizaines de petites cochenilles rondes et plates, blanchâtres au centre orangé.
Cochenille à bouclier, ici la cochenille du laurier-rose : très petite, plate, sous un bouclier qui se soulève. Photo : Alexis (iNaturalist), CC BY 4.0 (Wikimedia Commons), recadrée.
Cochenilles brunes et bombées, collées en grappe sur un rameau vert de citronnier.
Cochenille à carapace, ici la cochenille noire de l’olivier : plus grosse, bombée, collée, avec beaucoup de miellat. Photo : Toby Hudson, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons), recadrée.
Larve blanche hérissée de longs filaments de cire, au bord d'un amas cotonneux de cochenilles farineuses sur une feuille.
Larve de Cryptolaemus : on dirait une grosse cochenille couverte de cire, au milieu des colonies, mais c’est elle qui mange les farineuses. Photo : Guido Bohne, CC BY-SA 2.0 (Wikimedia Commons), recadrée.

Regarde sous la cire avant de conclure : UC IPM le demande, et c’est ce qui évite d’écraser une larve de coccinelle.

Les pucerons : un cycle éclair, des dégâts souvent limités

Presque toute plante peut en porter : ornementales, légumes, fruitiers, plantes d’intérieur. Chaque espèce est souvent liée à une plante précise.

Pourquoi ça va si vite :

  • seules les femelles sexuées pondent l’œuf d’hiver, les autres font des petits vivants (INRAE) ;
  • cette multiplication sans accouplement, la parthénogenèse, explique leur pouvoir de colonisation ;
  • les œufs passent souvent l’hiver sur une seconde plante hôte.

Sur les fruitiers : le calendrier de la RHS

  • œufs pondus dans l’écorce, qui éclosent quand les bourgeons s’ouvrent ;
  • pic de population entre la fin du printemps et le début de l’été ;
  • départ des ailés vers des plantes herbacées, retour à l’automne pour pondre.

C’est un calendrier britannique. Le puceron lanigère y fait exception : il reste sur le pommier toute l’année.

Miellat, fumagine, fourmis

  • croissance ralentie, feuilles déformées, virus transmis ;
  • le miellat, liquide sucré, colle feuilles et fruits et peut attirer les fourmis ;
  • la fumagine, moisissure noire qui y pousse souvent, réduit la lumière reçue par la feuille ;
  • les fourmis qui récoltent le miellat protègent les pucerons : elles les traient.

La RHS remet pourtant les choses à leur place sur les fruitiers : l’aspect peut souffrir, la vigueur et la récolte beaucoup moins, dans bien des cas. Et au-delà de 30 °C, la chaleur leur est souvent létale.

Un puceron se surveille avant de se traiter : inspecte les fruitiers dès le printemps, pour agir avant les dégâts.

La cochenille farineuse, un problème d’intérieur et de véranda

Pour la RHS, on la remarque d’abord à un duvet de cire blanche à l’aisselle des feuilles. Dessous : les insectes, ou leurs œufs orange-rose.

Jeune femme rousse en sweat moutarde qui soulève une feuille d'une plante verte en pot posée seule sur une petite table, près d'un rebord de fenêtre garni d'orchidées en fleurs.
La cochenille farineuse entre le plus souvent avec une plante achetée : la RHS demande d’inspecter chaque plante neuve et de l’isoler.
  • femelle aplatie, ovale, jusqu’à 4 mm, blanchie par sa cire ;
  • Planococcus citri, la cochenille des agrumes, est la plus fréquente en intérieur ;
  • chez la plupart des espèces, une femelle pond 100 à 200 œufs ou plus, en 10 à 20 jours ;
  • deux à six générations par an selon l’espèce ; en intérieur, tous les stades toute l’année.

Les plantes qu’elle vise

En tête de liste, cactus et plantes grasses, puis violette africaine, agrumes, hoya, orchidées (surtout Phalaenopsis), laurier-rose, vigne et tomate. UC IPM ajoute en intérieur le ficus, l’arbre de jade, les palmiers et le dracaena, et la trouve aussi dehors là où les hivers sont doux.

Pourquoi l’intérieur, et comment elle arrive

  • elle prospère au chaud et se trouve rarement sur les plantes d’extérieur, où vivent d’autres espèces ;
  • en intérieur, en général pas d’ennemis naturels pour la tenir en respect ;
  • les femelles ne volent pas : elle arrive le plus souvent avec une plante achetée ;
  • inspecter chaque plante neuve et l’isoler au moins un mois (RHS).

Et dans la terre ? Certaines vivent sur les racines, surtout des Rhizoecus, cantonnées aux plantes de serre et d’intérieur. Nombreuses, les farineuses peuvent freiner la croissance et faire tomber les feuilles.

Une cochenille farineuse sur une orchidée ne vient en général pas du jardin : elle est le plus souvent entrée avec une plante, et c’est là que la prévention se joue.

Cochenilles à bouclier et à carapace : olivier, laurier, agrumes

Plus de 25 espèces vivent dans les jardins britanniques (RHS). Les deux familles les plus courantes se distinguent à l’ongle.

Olivier, citronnier portant des citrons et laurier-rose en fleurs dans de grands pots, sur un sol de tomettes au pied des vitres d'une véranda, quelques feuilles jaunies tombées au sol.
Olivier, laurier-rose, agrumes en pot : sous abri, les cochenilles à bouclier et à carapace ne s’arrêtent pas à une génération par an.

Bouclier ou carapace : le test du couvercle

Critère À bouclier À carapace
Taille Moins de 1/8 de pouce (3,2 mm) de diamètre Jusqu’à 1/4 de pouce (6,4 mm) de long
Forme Plate Bombée
Couvercle Se soulève, l’insecte reste sur la plante C’est le corps de l’insecte
Miellat Aucun Abondant

Source : UC IPM, tailles converties des pouces de la fiche.

  • adultes fixés, jeunes larves mobiles, emportées par le vent, les oiseaux ou nous ;
  • dehors, une génération par an pour la plupart ; sous abri, en continu.

Olivier, laurier-rose, laurier-sauce, agrumes

Les tableaux d’UC IPM nomment trois espèces :

  • la cochenille noire, Saissetia oleae, sur laurier-sauce, agrumes, laurier-rose et olivier, qu’en général elle n’endommage pas ;
  • la cochenille du laurier-rose, Aspidiotus nerii, en général sans dommage ;
  • la cochenille de l’olivier, Parlatoria oleae, non nuisible, régulée par ses ennemis.

Réserve : c’est un constat californien, qu’aucune source française lue ne confirme ni ne contredit.

  • dégâts : plante qui paraît assoiffée, feuilles qui jaunissent et tombent ;
  • la plupart des plantes tolèrent un nombre faible à modéré de cochenilles ;
  • les fourmis attirées par le miellat les protègent de leurs ennemis.

Avant de traiter un olivier, soulève une cochenille : bouclier ou carapace, ce n’est ni le même insecte ni la même réponse.

Coccinelles, chrysopes, syrphes : ceux qui font le travail

Larves de chrysopes et de syrphes, larves et adultes de coccinelles sont de gros consommateurs de pucerons, écrit Jardiner Autrement, le site de la SNHF.

Bande fleurie de phacélie mauve, de bourrache, d'ombelles jaunes d'aneth ou de fenouil et de capucines orange le long d'une allée, devant une haie.
Des fleurs variées au jardin : leur pollen et leur nectar font vivre plus longtemps les adultes des auxiliaires.

La coccinelle, adulte et larve

  • elle peut manger pucerons, cochenilles à carapace, petites chenilles, pollen et nectar (UConn) ;
  • la coccinelle à deux points chasse le puceron sur arbustes et fruitiers (Colorado State) ;
  • la larve de Cryptolaemus, mangeuse de farineuses, ressemble à une grosse cochenille cireuse.
Larve de coccinelle allongée, grise à taches orange, sur une tige où se serrent des pucerons noirs.
Larve de coccinelle au milieu des pucerons : larves et adultes de coccinelles en sont de gros consommateurs. À regarder avant d’écraser. Photo : Gilles San Martin, CC BY-SA 2.0 (Wikimedia Commons), recadrée.

Le jour où j’ai compris que la plus grosse « cochenille » d’une colonie pouvait être son prédateur, j’ai arrêté d’écraser sans regarder.

La coccinelle asiatique

Un document du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) en retrace l’histoire :

  • introduite en France contre les pucerons, avec un élevage industriel mis au point par l’INRA à Antibes, lâchée à partir de 1995 ;
  • elle a fait souche, son extension en France étant reconnue dès 2006 ;
  • le déclin des coccinelles indigènes au Royaume-Uni et en Belgique lui est attribué ; elle compte parmi les 100 pires invasives d’Europe.
Coccinelle orange à points noirs sur une feuille, le devant du corps blanc marqué d'une tache noire en forme de M.
Coccinelle asiatique : introduite en France contre les pucerons, elle y a fait souche. Photo : JackyM59, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons), recadrée.

Chrysopes, syrphes, parasitoïdes

  • une larve de chrysope peut consommer 200 à 500 pucerons pendant son développement ;
  • l’adulte se nourrit de pollen, de nectar et de miellat ;
  • ses œufs verts sur pédoncule peuvent faire penser à de la moisissure ;
  • les larves de syrphes sont prédatrices, mais aucune source lue ne chiffre ce qu’elles mangent ;
  • les parasitoïdes pondent dans le puceron : très efficaces, mais propres à certaines espèces.
Larve de chrysope allongée, brune et crème, aux longues pattes et aux mâchoires en pinces, sur une feuille verte.
Larve de chrysope : c’est la larve, et non l’adulte, qui mange les pucerons ; l’adulte se nourrit de pollen, de nectar et de miellat. Photo : B. Schoenmakers (Waarneming.nl), CC BY 3.0 (Wikimedia Commons), recadrée.

Les faire venir

  • des plantes à fleurs variées ; pour les chrysopes, bourrache, capucine, phacélie, aneth, fenouil ;
  • avec nectar et pollen, les adultes d’auxiliaires vivent plus longtemps et pondent davantage ;
  • pas de pesticides, les chrysopes y sont très sensibles.

Une limite : au printemps, les pucerons pullulent souvent avant que les auxiliaires soient assez nombreux.

Des pucerons au printemps puis leurs prédateurs en été : c’est l’ordre normal, pas un échec.

Larves et coccinelles achetées : ce qu’elles valent

On en trouve en jardinerie, écrit Jardiner Autrement, sans réserve. Les autres sources lues sont moins enthousiastes, et elles se rejoignent sur un mot : dispersion.

  • l’INRA, cité par le MNHN : la coccinelle peut s’envoler et quitter la culture, il faut répéter les lâchers ;
  • Colorado State : aux États-Unis, les coccinelles vendues sont ramassées dans la nature et ont tendance à se disperser ;
  • UConn, sur les coccinelles américaines ramassées dans la nature : en serre, les adultes lâchés peuvent partir, cherchent mal leurs proies et peuvent porter des parasites.

UConn signale en revanche que la coccinelle à deux points est élevée en insectarium. Sur la larve de coccinelle achetée, aucune source lue ne chiffre ce qu’elle mange ni ne la compare à l’adulte.

Chrysopes et Cryptolaemus : les conditions

  • aux États-Unis, les chrysopes se vendent le plus souvent en œufs, que les fourmis mangent (Colorado State) ;
  • Cryptolaemus veut de la chaleur : en Grande-Bretagne, la RHS ne lui donne de chances de réussir que de mai à septembre ;
  • il se lâche quand les sacs d’œufs de farineuses abondent, sa nourriture pour pondre.

Le statut : des macro-organismes

Les auxiliaires vendus sont des macro-organismes, rangés dans le biocontrôle par Ecophyto PRO. Les indigènes ne sont pas réglementés, les non indigènes entrent par arrêté valable 5 ans, et leur usage est compatible avec la loi Labbé.

Une coccinelle ou un Cryptolaemus acheté se lâche sur un foyer déclaré, jamais au cas où.

Le premier geste : l’eau, les doigts, le sécateur

Avant tout produit, les sources lues donnent des gestes :

  • un jet d’eau sur les colonies peut déstabiliser les pucerons ;
  • sur les farineuses exposées, un jet fort répété tous les quelques jours ;
  • écraser les colonies entre le pouce et l’index, quand c’est faisable ;
  • tailler les rameaux colonisés si la plante s’y prête, voir la rubrique Taille.
Homme à moustache blanche en veste de travail bleue, debout près d'un jeune pommier, un sécateur dans une main et, dans l'autre, un bout de rameau coupé qu'il examine.
Couper le bout de rameau colonisé, quand la plante s’y prête : un des premiers gestes, avant tout produit.

Le coton-tige imbibé d’alcool

UC IPM décrit, pour une petite infestation de farineuses sur plante d’intérieur, un coton-tige trempé dans de l’alcool isopropylique dilué à 70 % ou moins. À tester sur une partie de la plante un à deux jours avant, et à répéter chaque semaine.

C’est de l’alcool isopropylique, pas de l’alcool à brûler, qu’aucune source lue ne nomme. Et c’est un geste décrit en Californie, qu’aucune source française lue ne reprend.

L’eau, les doigts et le sécateur passent avant le pulvérisateur : UC IPM juge les insecticides inutiles contre les cochenilles tant que les dégâts restent tolérables.

Traitement : ce qu’un particulier a le droit d’employer

Depuis le 1er janvier 2019, la loi Labbé (loi n° 2014-110 du 6 février 2014) interdit les produits de synthèse aux jardiniers amateurs (Jardiner Autrement), et depuis le 1er juillet 2022 dans les propriétés privées (service-public.gouv.fr).

  • restent permis le biocontrôle, le faible risque et les produits bio portant la mention EAJ, emploi autorisé dans les jardins ;
  • un produit non autorisé pour une culture est interdit, rappelle Jardins de France, revue de la SNHF.

Les produits EAJ au 15 septembre 2026

Substance Contre pucerons Contre cochenilles À savoir
Huile de colza 8 produits 7 produits Le plus large : arbres, fruitiers, rosier, intérieur
Pyréthrines 6 4 Non sélectives
Savon (sels de potassium) 3 2 Cochenilles : intérieur et balcons seulement
Huile essentielle d’orange 2 2 –
Huile de paraffine 1 2 Agrumes, arbres et arbustes

Quatre de ces produits associent une autre substance à celles du tableau : de l’abamectine, du soufre ou de l’azadirachtine (catalogue e-phy).

Source : catalogue e-phy de l’Anses, données ouvertes du 15 septembre 2026. En tout, 17 produits distincts, un produit pouvant associer deux substances.

Le savon noir : autorisé, pas miracle

Au catalogue, il se cherche sous « sels de potassium des acides gras ». Il agit par contact : il faut toucher l’insecte.

  • brûlures possibles, les feuilles velues seraient plus sensibles ;
  • sur les stades de cochenilles bien protégées par une carapace, efficacité « probablement très faible » (Jardins de France) ;
  • sur la farineuse, effet surtout sur les jeunes larves peu cireuses (UC IPM) ;
  • l’eau claire donnerait probablement des résultats assez proches.

Voilà la contradiction : e-phy autorise deux savons contre les cochenilles en intérieur, et les deux sources qui parlent d’efficacité la jugent faible sur les adultes protégés.

Les huiles

  • elles étouffent les insectes et peuvent toucher les auxiliaires ;
  • elles se placent en repos de végétation, ou à la sortie des larves mobiles de cochenilles ;
  • jamais par gel, au-dessus de 32 °C environ, ni avant une pluie annoncée dans les 24 heures (UC IPM).

La terre de diatomée

Au catalogue e-phy, un seul produit à base de kieselgur : professionnel, sans mention EAJ, pour denrées stockées et locaux. Aucun usage sur plante vivante.

  • elle dessèche l’insecte et n’agit que tant qu’elle reste sèche et non dérangée (NPIC, université d’État de l’Oregon) ;
  • inhalée, elle peut irriter le nez ; sa forme cristalline, respirée longtemps, est associée à la silicose, la forme amorphe, majoritaire, à une inflammation légère et réversible ;
  • aucune source lue ne lui prête d’effet contre pucerons ou cochenilles.

Ce que cette page ne dit pas

Le régime des biocides, un autre catalogue que e-phy, n’a pas pu être lu : l’Agence européenne des produits chimiques et EUR-Lex ont refusé la consultation. Aucun statut biocide n’est donc cité ici.

Contre les cochenilles, un produit autorisé n’est pas un produit efficace : regarde sur quelle plante et sur quel stade il agit.

Savon noir maison, vinaigre, marc de café : les recettes de grand-mère

Ce sont les recettes qui circulent le plus. Je les ai cherchées dans chaque document lu pour cette page.

Recette Ce qu’en disent les sources lues
Savon noir dilué maison Aucune dose maison ; l’eau claire donnerait probablement des résultats assez proches
Vinaigre blanc, seul ou avec du savon noir Non documenté
Marc de café Non documenté
Liquide vaisselle Non documenté
Purin d’ortie Jardiner Autrement, en une ligne : « peut être pulvérisé sur les pucerons déjà en place ». Rien sur l’efficacité, la dose ni le statut
Alcool à brûler Non documenté

« Non documenté » : aucune source lue ne mentionne la recette contre pucerons ou cochenilles. Pas de dose ici, donc. Le seul pourcentage de dilution recommandé dans l’article de Jardins de France vient d’un essai agricole au Nigeria, pas d’un jardin.

Aucune recette maison n’a de dose pour le jardin dans les sources lues ; le jet d’eau claire, lui, y est décrit.

Questions fréquentes

Comment se débarrasser de la cochenille farineuse ?

Commence à la main. UC IPM, en Californie, décrit un jet d’eau fort sur les colonies exposées, répété tous les quelques jours, et sur une petite infestation d’intérieur un coton-tige imbibé d’alcool isopropylique dilué à 70 % ou moins, testé sur une petite partie de la plante un à deux jours avant et répété chaque semaine. Savons et huiles n’en réduisent qu’une partie, surtout les jeunes larves, peu cireuses.

Quel est le produit le plus efficace contre les cochenilles ?

Aucune source lue ne classe les produits par efficacité. Au catalogue e-phy du 15 septembre 2026, 14 produits portent la mention EAJ contre les cochenilles : huile de colza, pyréthrines, savon (plantes d’intérieur et balcons seulement), huile essentielle d’orange, huile de paraffine. UC IPM écrit qu’une huile horticole bien placée dans le temps peut bien contrôler la plupart des cochenilles à bouclier et à carapace.

Qu’est-ce qui favorise l’apparition des cochenilles ?

D’abord une plante achetée déjà porteuse : les femelles de cochenille farineuse ne volent pas et ne vont pas loin. Ensuite la chaleur et l’intérieur, où la plante n’a en général pas les ennemis naturels qui la protègent dehors. Enfin les fourmis, qui défendent les cochenilles productrices de miellat contre leurs prédateurs.

Est-ce que le vinaigre blanc tue la cochenille ?

Aucune des sources lues pour cette page ne le documente, ni seul ni mélangé au savon noir. Cette page ne donne donc ni dose ni dilution. Ce que ces sources documentent contre la cochenille farineuse, c’est notamment le jet d’eau fort et le coton-tige imbibé d’alcool isopropylique, décrits par UC IPM.

Que mange la coccinelle ?

Des pucerons avant tout, mais pas seulement : ce prédateur généraliste peut manger aussi des cochenilles à carapace, de petites chenilles et d’autres petits insectes, plus du pollen et du nectar. Larves et adultes sont de gros consommateurs de pucerons de toutes espèces. Aucune source lue ne chiffre ce que mange une larve de coccinelle.

D’où viennent les pucerons ?

Sur un fruitier, d’œufs pondus dans les crevasses de l’écorce, qui passent l’hiver sur l’arbre et éclosent quand les bourgeons s’ouvrent, selon la RHS. Au début de l’été, des ailés partent vers des plantes herbacées, puis reviennent à l’automne pondre sur l’arbre. Entre les deux, les femelles se multiplient sans accouplement, d’où la vitesse d’invasion.

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